"Il faut secouer la vie, autrement elle nous ronge."
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Biographie : Marie-Henri Beyle dit Stendhal, né le 23 janvier 1783 à Grenoble et mort le 23 mars 1842 à Paris, est un écrivain
français de la première moitié du XIXe siècle. Avant de signer Stendhal, il a utilisé d'autres noms de plume, tels : Louis Alexandre Bombet, ou Anastase de Serpière. Engagé dans l'armée en 1800,
il occupa surtout des fonctions d'administration militaires comme durant la campagne de Russie en 1812. Amateur d'arts et passionné d'Italie où il effectua de nombreux séjours, il écrivit d'abord
des essais esthétiques sous son vrai nom comme L'Histoire de la peinture (début 1817), mais c'est sous le pseudonyme de « M. de Stendhal, officier de cavalerie » qu'il publia Rome, Naples,
Florence en septembre 1817. Ce nom de plume est inspiré d'une ville d'Allemagne « Stendal », lieu de naissance de l'historien d'art et archéologue renommé à l'époque Johann Joachim Winckelmann,
mais surtout proche de l'endroit où Stendhal vécut en 1807-1808 un moment de grande passion avec Wilhelmine de Grisheim. Ayant ajouté un H pour germaniser encore le nom, il souhaitait que l'on
prononce « Standhal ». Ses romans de formation Le Rouge et le Noir (1830), La Chartreuse de Parme (1839) et Lucien Leuwen (inachevé) ont fait de lui, aux côtés de Balzac, Hugo, Flaubert ou Zola,
un des grands représentants du roman français au XIXe siècle. Dans ses romans, caractérisés par un style économe et resserré, Stendhal cherche « la vérité, l'âpre vérité » dans le domaine
psychologique, et campe essentiellement des jeunes gens aux aspirations romantiques de vitalité, de force du sentiment et de rêve de gloire. Henri Beyle naît rue des Vieux Jésuites (aujourd'hui
rue Jean-Jacques Rousseau) à Grenoble dans une famille bourgeoise qu'il apprécie peu. Sa mère, Henriette Gagnon, qu'il aimait beaucoup, meurt alors qu'il a huit ans. Son père Chérubin Joseph
Beyle (qui sera plus tard fait chevalier de la Légion d'honneur et lui léguera sa croix) lui donne alors pour précepteur l'abbé Raillane, et le jeune Henri souffrira de la tyrannie de ce dernier
: « Je haïssais l'abbé, je haïssais mon père, source des pouvoirs de l'abbé, je haïssais encore plus la religion au nom de laquelle ils me tyrannisaient. » Sa haine s'étend à sa tante Séraphie,
sans doute maîtresse de son père. Pendant que le père monarchiste devient un anti-modèle, le grand-père Gagnon initie l'enfant à la philosophie des Lumières.En 1796, il entre à l'École centrale
de Grenoble. En octobre 1799, il part à Paris pour passer le concours de l'École polytechnique. Il renonce à se présenter et sera très déçu par la capitale, où il tombe malade. Il a 16 ans et
s'oriente alors vers la carrière des armes. Sa carrière militaire est rendue possible par son cousin Pierre Daru, secrétaire général à la guerre. De 1800 à 1801, il participe à la campagne
d'Italie où il est nommé sous-lieutenant au sein du 6e régiment de dragons. La découverte de l'Italie laisse Beyle émerveillé. Revenu à Paris, le jeune homme essaie de se faire une place, dans le
négoce, dans le succès littéraire (il veut écrire « des comédies comme Molière ») ou en séduisant des femmes. En 1805, il devient l'amant de l'actrice Mélanie Guilbert; il la suit à Marseille et
s'essaye au commerce, sans grande motivation, ni grand succès d'ailleurs. Mais, ces années d'apprentissage auront une grande influence sur le personnage de Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir.
En 1806 toujours grâce à son cousin Pierre Daru, il s'engage encore une fois et est affecté à l'intendance où il fera montre d'exceptionnels talents d'organisateur, ses fonctions au sein de la
"Grande Armée" lui permettront d'assouvir une de ses grandes passions : voyager. Il visite ainsi l' Allemagne, notamment la Saxe, l'Autriche, la Russie. Il est nommé auditeur au Conseil d'État le
3 août 1810. Il a 27 ans. En 1812, il travaille à l’Histoire de la peinture en Italie. En août, il se rend à Moscou où il sera témoin de l'incendie qui ravage la ville après l'entrée de la Grande
Armée en septembre. En novembre, lors de la retraite de Russie, il perd le manuscrit de l'Histoire de la Peinture en Italie. La Campagne de France d' avril 1814 provoque la chute de l'Empire et
met fin à sa carrière : démobilisé, il part en Italie et s'installe à Milan où il retrouve sa maîtresse Angela Pietragrua. Milan qui l'avait séduit dès 1800 devient sa ville d'élection au point
qu'il réclame comme seule épitaphe « Arrigo Beyle, Milanese ». L'année suivante, il fait graver sur ses cartes de visite : « Waterloo, c’est trop dommage. Six mois de plus et j’aurais été nommé
au Mans préfet de la Sarthe ». Le talent littéraire de Stendhal s'affirme clairement dans son œuvre Rome, Naples et Florence publiée en 1817. En 1818, Stendhal travaille à une Vie de Napoléon.
C'est aussi l'année où il rencontre celle avec laquelle il va vivre une grande passion, Mathilde Dembowska (Métilde), qu'il suit l'année suivante à Volterra (Grand-duché de Toscane). Durant cette
période, il écrit Vies de Haydn, Mozart et Métastase, ainsi que Histoire de la peinture en Italie. En 1821, parce qu'il est accusé de sympathie pour le carbonarisme – affection particulièrement
ressentie dans la nouvelle Vanina Vanini – il est expulsé de Milan par l'administration autrichienne. Il se voit obligé de quitter Métilde qu'il aime pour regagner Paris qu'il n'aime pas.De
retour à Paris, presque ruiné après le décès de son père, il entre dans le milieu littéraire en fréquentant des salons. Ainsi, il a son cénacle et a même un disciple en la personne de Prosper
Mérimée. Il écrit des journaux, publie des essais. En 1822 il publie De l'amour, véritable essai de psychologie dans lequel il expose sa théorie de la « cristallisation ». Il s'engage avec ardeur
dans la bataille romantique avec son Racine et Shakespeare en 1823. Son talent très éclectique l'amène à publier une Vie de Rossini en 1823 et Promenades à Rome en 1829. En 1827, il publie son
premier roman, Armance, suivi en 1830 de son premier chef-d'œuvre Le Rouge et le Noir. Ce roman, sorti en librairie au moment de la Révolution de juillet, connaîtra un beau succès. Le comte Molé,
ministre de Louis-Philippe, le nomme consul à Trieste. Ses idées libérales y déplaisent, et il est nommé en 1831 à Civitavecchia, où il rédige les Souvenirs d'égotisme et le roman inachevé Lucien
Leuwen.À Civitavecchia, il s'ennuie et part voyager. Un congé de 1836 à 1839 lui permet de rentrer à Paris. Il ne réussit pas à terminer les œuvres qu'il commence (Souvenirs d'égotisme, Vie de
Henry Brulard, Lucien Leuwen...). Après avoir achevé son dernier chef-d'œuvre, La Chartreuse de Parme, en 1839, il meurt dans la nuit du 22 au 23 mars 1842 d'une attaque cérébrale. Sa dépouille
est enterrée au cimetière de Montmartre à Paris. Il avait été fait chevalier de la Légion d'honneur par Guizot. L'œuvre de Stendhal consiste aussi bien en des textes autobiographiques (Vie de
Henry Brulard par exemple) que dans des romans qui comptent parmi les plus beaux dans la littérature française : Le Rouge et le Noir, Lucien Leuwen, La Chartreuse de Parme. Ce dernier roman fut
salué à sa première publication par un éloge d'Honoré de Balzac, autre maître du roman réaliste dont Stendhal lui-même se déclara heureusement surpris. « Cet article étonnant, (...) je l'ai lu,
(...) en éclatant de rire. Toutes les fois que j'arrivais à une louange un peu forte (...) je voyais la mine que feraient mes amis en le lisant. » Le Rouge et le Noir Le Rouge et le Noir (1830)
est le premier grand roman de Stendhal. Il est le premier roman à lier de façon si subtile la description de la réalité sociale de son temps et l’action romanesque selon Erich Auerbach dans sa
célèbre étude Mimesis. Julien Sorel, le héros principal du livre, est le pur produit de son époque en un certain sens, le héros d'une France révoltée et révolutionnaire. Littéralement ivre
d’ambition à cause de la lecture du Mémorial de Sainte-Hélène de Napoléon et conscient que depuis la Révolution c’est le mérite et non plus la naissance seule qui compte, il rêve de devenir
lui-même un nouveau Bonaparte. Le projet de ce roman dut être soumis à Paul-Louis Courier que Stendhal tenait pour le meilleur écrivain français contemporain. Un écho des difficultés rencontrées
par le pamphlétaire en Touraine est d'ailleurs perceptible à travers le personnage Saint-Giraud qui apparaît au chapitre premier de la seconde partie du roman. Quand Courier fut assassiné,
Stendhal soupçonna des mobiles politiques à ce forfait jamais élucidé. La Chartreuse de Parme Cette œuvre majeure, qui lui valut la célébrité, fut publiée en deux volumes en mars 1839. Balzac la
considérait comme un pur chef-d'œuvre et écrivit en mars 1839 son admiration à l'auteur pour la « superbe et vraie description de bataille que je rêvais pour les Scènes de la vie militaire ».
Dans un premier article de l'éphémère Revue parisienne, en 1840, il parle du « récent chef-d'œuvre » de M. Beyle, terminant par ces mots : « Je regarde l'auteur de La Chartreuse de Parme comme un
des meilleurs écrivains de notre époque » et dans le troisième et dernier numéro se trouve le grand texte qui fait du roman de Stendhal le chef-d'œuvre senti comme classique dès sa parution,
comme l'archétype du genre « roman » . Refondu en 1842 peu avant la mort de Stendhal, il prit de fait un tour plus « balzacien » : mais c'est le texte d’origine, plus purement stendhalien, qui
s'est imposé de nos jours. Cependant, l’œuvre sera, jusqu’au début du XXe siècle, relativement inconnue en dehors de quelques cercles d’esthètes, de critiques littéraires, ou de personnalités
visionnaires (Nietzsche), ce que Stendhal semblait appeler de ses vœux, dédicaçant son roman To the Happy Few. Lucien Leuwen Lucien Leuwen est le deuxième grand roman de Stendhal, écrit en 1834,
après le Rouge et le Noir. Ce roman est demeuré inachevé. Lucien Leuwen, jeune polytechnicien, est chassé de son école car il est soupçonné d’être un saint-simonien. Son père, richissime homme
d’affaires parisien, lui permet de devenir lieutenant, ce qui l’amène à partir pour Nancy. Le réalisme chez Stendhal Stendhal n'a pas seulement « appliqué » une certaine esthétique réaliste : il
l'a pensée d’abord. Le réalisme de Stendhal c’est aussi la volonté de faire du roman un « miroir » c’est-à-dire un simple reflet de la réalité sociale et politique d’une époque dans toute sa
dureté. Stendhal a d'ailleurs écrit que « le roman, c’est un miroir que l’on promène le long d’un chemin ». Dans Racine et Shakespeare, il assigne pour devoir à l'art romantique de faire un art
qui sera en adéquation avec les goûts et tendances des peuples. Le réalisme de Stendhal c’est d’abord la volonté de peindre des faits capables d’intéresser ses contemporains (Monarchie de juillet
dans Lucien Leuwen, Restauration dans Le Rouge et le Noir, défaite et retour des Autrichiens dans La Chartreuse de Parme). En revanche, Stendhal dépeint avec un grand souci de réalisme
psychologique, les sentiments des personnages principaux. Il s’inspire même souvent des théories relatives à l’amour de son traité De l’amour et essaie de faire œuvre de psychologue rigoureux.
Son ami de longue date Prosper Mérimée le considérait comme un remarquable observateur du cœur humain. Et les sentiments amoureux sont dépeints avec beaucoup de soin : le narrateur expose
longuement la naissance de la passion amoureuse et ses péripéties, que ce soit entre Mme de Rênal et Julien, Julien et Mathilde de La Mole, Lucien Leuwen et Mme de Chasteller ou Fabrice et
Clélia. Le réalisme dans la peinture des mœurs et de la société[modifier] Le Rouge et le Noir et Lucien Leuwen sont une peinture acerbe de la société sous la Restauration, comme l'indique le
sous-titre du roman Le Rouge et le Noir : « Chronique de 1830 ». Lucien Leuwen est le vaste tableau de la Monarchie de juillet. La Chartreuse de Parme est une peinture des mœurs politiques dans
les Monarchies italiennes du XIXe siècle. Ces romans sont donc politiques non par la présence de longues réflexions politiques (Stendhal qui s'est toujours refusé à l'« oratoire » rejette un tel
procédé et le compare à « un coup de pistolet au milieu d'un concert » dans Le Rouge et le Noir) mais par la peinture des faits. Le Rouge et le Noir et La Chartreuse de Parme sont aussi des
critiques acerbes de la position subordonnée de la femme : voir l’interprétation féministe par Simone de Beauvoir des romans de Stendhal (in Le Deuxième Sexe). La peinture des mœurs chez Stendhal
ne se veut jamais impartiale mais critique : elle n’est pas motivée par une volonté sociologique mais par le souci de faire tomber les faux-semblants et de montrer « la vérité, l’âpre vérité »
(exergue du premier livre de Le Rouge et le Noir) de la société de son temps. Malgré son souci de réalisme, il n’y a pas de descriptions détaillées de la réalité matérielle. Le narrateur, qui se
méfie de la description, décrit à peine les lieux. La description de Verrières au tout début du roman prend juste une page et sert d’introduction à une critique acerbe des habitants. On ne sait
rien non plus de l’Hôtel de la Mole (Le Rouge et le Noir) ni de Milan ou bien du Château du Marquis Del Dongo (La Chartreuse de Parme). Car la peinture des lieux est « fonctionnelle ». Le
narrateur décrit le monde uniquement dans la mesure où c’est nécessaire à la compréhension de l’action. Si la prison de Fabrice est décrite avec soin c'est qu'elle constitue un lieu essentiel
pour l’action de La Chartreuse de Parme. Appartenant plutôt à une tendance modérée du romantisme (par opposition au romantisme flamboyant représenté par Victor Hugo), le narrateur, qui a affirmé,
dans Vie de Henry Brulard abhorrer la description matérielle, lui préférant des éléments descriptifs, décrit à peine les personnages : on ne sait quasiment rien des toilettes de Mme de Rênal, de
Mathilde ni des tenues de Julien, Lucien Leuwen ou Fabrice, juste la couleur des cheveux et quelques détails sur leur aspect, mentionnés très brièvement. Ainsi, Mathilde de La Mole est «
extrêmement blonde et fort bien faite », et Julien « pensa qu'il n'avait jamais vu des yeux aussi beaux ». Mais la peinture de la réalité matérielle se fait aussi discrète à cause des
particularités du roman stendhalien. Ainsi, le thème de l’argent est souvent lié à des personnages secondaires ou détestables (M. de Rênal, le Marquis Del Dongo) : l’attention du lecteur se
tourne plutôt vers les protagonistes principaux qui sont bien loin de tels soucis (Fabrice, Mme de Rênal, Lucien Leuwen). Le roman stendhalien avance rapidement, alors que la description crée une
pause dans la narration. L’autre limite du « réalisme » de Stendhal tient au romanesque, qui traverse tous ses romans. Le héros stendhalien est une figure romanesque. Le personnage de Julien est
intelligent, ambitieux jusqu’à la folie, et nourrit une haine profonde pour ses contemporains. Fabrice est un jeune homme exalté et passionné. Lucien Leuwen est idéaliste et bien fait de sa
personne. Ces personnages ont souvent à peine 20 ans. En outre, la politique dans La Chartreuse de Parme est nettement moins importante que dans Le Rouge et le Noir et Lucien Leuwen. C’est
surtout l’histoire qui joue un rôle (Waterloo, arrivée des troupes françaises à Milan en 1796). Et encore elle est inséparable de l’action du roman. La Chartreuse de Parme a un caractère
romanesque nettement plus prononcé que les deux autres grands romans (voir les personnages de la Duchesse Sanseverina ou de Clélia). Le réalisme stendhalien se limite donc aux personnages
secondaires (les personnages prévisibles) et non à ses personnages principaux, les personnages vrais, qui échappent à la description, ce qui ne sera pas le cas chez Zola. Réalisme subjectif chez
Stendhal Mais le réalisme chez Stendhal se fait aussi réalisme subjectif sans que cela soit une contradiction. Par réalisme subjectif on entend un des procédés fondamentaux de la conduite du
récit chez Stendhal. Georges Blin, dans Stendhal et les problèmes du Roman, est un de ceux qui mirent en avant ce procédé. Stendhal pense que chacun est enfermé dans sa subjectivité et ne peut
percevoir le monde que dans les limites de son regard. La grande originalité de Stendhal est l’usage important de la « focalisation interne » (pour reprendre la terminologie de Gérard Genette)
pour raconter les événements. Les événements sont vus en grande partie par les protagonistes voire par un seul d'entre eux. Stendhal refuse donc le point de vue du narrateur omniscient mais
pratique la « restriction de champ ». Dans Le Rouge et le Noir et dans Lucien Leuwen les événements sont vus dans le rayon de Julien Sorel et Lucien. Dans La Chartreuse de Parme le narrateur a
reconnu le droit de regard des autres personnages (Clélia, Mosca, Sanseverina) mais Fabrice Del Dongo garde le foyer principal (la scène de la bataille de Waterloo est vue exclusivement par ses
yeux). On peut donc parler d’une restriction de champ chez Stendhal (Blin). Stendhal a en effet coupé ses récits de « monologues intérieurs » et a ramené le roman à la biographie du héros. Les
trois grands romans commencent par la jeunesse du héros ou même avant (cf. La Chartreuse de Parme) et finissent avec sa mort (cf. Le Rouge et le Noir et La Chartreuse de Parme). Première
conséquence de la restriction du champ : les descriptions sont brèves chez Stendhal. Elles sont l’œuvre d’un narrateur extérieur qui voit l’aspect des personnages du dehors ou bien d’un narrateur
qui observe la nature. Un tel narrateur est incompatible avec la « restriction du champ » et il joue donc un rôle secondaire chez Stendhal. Le choix de la restriction du champ explique aussi que
certains personnages apparaissent ou disparaissent aussi rapidement au fil de l’action (comme le Comte de La Mole dans Le Rouge et le Noir et Rassi dans La Chartreuse de Parme) car tout est vu
par les yeux d’un personnage central. Troisième conséquence du recours à la restriction de champ : les événements se dévoilent graduellement. Les héros de Stendhal sont souvent un peu étonnés de
ce qu’ils voient et n’en comprennent le sens que progressivement. Ce n’est que peu à peu que Julien comprend pourquoi Mlle de La Mole apparaît un jour en vêtement de deuil alors que personne ne
vient de mourir autour d’elle. Il découvrira ultérieurement qu’elle porte le deuil d’un ancêtre mort au XVIe siècle. L’œuvre autobiographique[modifier]L’œuvre de Stendhal est profondément
autobiographique. Même ses romans tant ils sont inspirés par sa propre vie mais aussi parce qu’ils constituent une autobiographie idéale de Stendhal. Julien Sorel, Lucien Leuwen et Fabrice Del
Dongo sont ce que Stendhal aurait rêvé d’être. Les œuvres autobiographiques de Stendhal sont de trois natures. D’une part Stendhal a tenu pendant de très longues années un journal où il raconte
au fur et à mesure les événements de sa vie. On pourrait parler d’une prise sur le vif de sa propre vie. D’autre part Stendhal a rédigé deux autres grandes œuvres autobiographiques : la Vie de
Henry Brulard et Souvenirs d'égotisme. Elles poursuivent le même projet que le Journal mais aussi que celui des Confessions de Rousseau : mieux se connaître soi-même. Cependant elles se
distinguent du Journal car elles ont été écrites a posteriori. Enfin, l’autobiographie prend une forme bien particulière chez Stendhal : il aimait écrire sur la marge de ses livres (et même de
ses romans mais de manière cryptique) ou sur des vêtements (par exemple sur une ceinture comme dans la Vie de Henry Brulard). L'œuvre autobiographique de Stendhal ne se distingue pas tant par son
projet (Rousseau poursuivait le même) que par l’importance qu’elle prend. Elle s’exprime aussi bien par des romans que par des autobiographies. Même la critique d'art chez Stendhal se fait
autobiographie. La conception stendhalienne de l'art Le critique d’art Stendhal ne fut pas seulement un romancier et un autobiographe mais également un fin critique d’art dont la réflexion
esthétique influença le travail romanesque (tout particulièrement avec sa théorie du beau idéal), ainsi que l'appréciation des arts plastiques et de la musique. Citons Histoire de la Peinture en
Italie, Rome, Naples et Florence, Promenades dans Rome, Mémoires d'un touriste. Vrai spécialiste, faux dilettante Féru d'art lyrique, amoureux de l'Italie, comme en témoignent ses écrits, c'est
lui qui fit connaître Rossini à Paris et en France. Des travaux de la deuxième moitié du XXe siècle ont fait apparaître sa compétence en matière picturale et musicale, sa familiarité avec ses
peintres, sa vaste expérience du monde de la musique de son temps aussi bien instrumentale que lyrique, allemande ou italienne. Mais il était surtout un véritable spécialiste de l'opéra italien
et de la peinture italienne. Bien qu'il se présentât comme un dilettante, on lui doit des analyses très fines de Rossini et Mozart. Il a saisi la mélancolie de Léonard de Vinci, le clair obscur
du Corrège, ou la violence michelangelesque. Les principes de sa critique Sa critique cohérente repose sur l'Expression, qui destitue les formes arrêtées et le Beau antique, la Modernité qui
implique l'invention artistique pour un public en constante évolution, et la subordination du Beau à l'opinion seule, l'Utile qui donne du plaisir réel à une société, à des individus, et le
dilettantisme qui repose sur la pure émotion du critique. Stendhal fonde ainsi une critique historique (l'art étant l'expression d'une époque), et revendique le droit à la subjectivité ; il admet
la convergence des arts et leur importance selon qu'ils procurent ou non du plaisir physique, qu'ils ouvrent l'esprit à la liberté de l'imaginaire et qu'ils suscitent la passion (principe de
base). Stendhal est un critique d'art qui marque une étape importante dans l'intelligence de tous les arts. Œuvres[modifier] * Vies de Haydn, Mozart et Métastase, disponible (titre complet de la
première édition : Lettres écrites de Vienne en Autriche, sur le célèbre compositeur Haydn, suivies d'une vie de Mozart, et des considérations sur Métastase et l'état présent de la musique en
France et en Italie), Paris 1815 * Histoire de la Peinture en Italie, Paris, 1817 (édition de 1929 : tome 1 disponible sur Gallica, tome 2 disponible sur Gallica * Rome, Naples et Florence,
disponible, Angoulême, 1817 et 1827 * De l'amour, Paris, 1822 (édition de 1927, tome 1 disponible sur Gallica et tome 2 disponible sur Gallica * Racine et Shakespeare, Paris, 1823, édition de
1927 disponible sur Gallica * Vie de Rossini, disponible Paris, 1823 * Racine et Shakespeare, II, Paris, 1825 * D’un nouveau complot contre les industriels, Paris, 1825 disponible sur Gallica *
Armance. Quelques scènes d'un salon de Paris en 1827, Paris, 1827 (édition de 1927 disponible sur Gallica * Vanina Vanini, Paris, 1829 * Promenades dans Rome, Paris, 1829 * Le Rouge et le Noir,
Paris, 1830 * Mémoires d'un touriste, Paris, 1838 disponible sur Gallica * La Chartreuse de Parme, Paris, 1839 : édition de 1846 disponible sur Gallica ; édition de 1927, tome 1 disponible sur
Gallica, tome 2 disponible sur Gallica * Chroniques italiennes :Vittoria Accoramboni, Les Cenci, La Duchesse de Palliano, L'Abesse de Castro, Trop de faveur tue, Suora Scolastica, San Francesco a
Ripa, Vanina Vanini, Paris, 1837 - 1839 * Idées italiennes sur quelques tableaux célèbres, Paris, 1840 Œuvres posthumes[modifier] * Correspondance (édition de 1927, tome 1 (1800-1805) disponible
sur Gallica, tome 2 disponible sur Gallica, tome 3 disponible sur Gallica, tome 4 disponible sur Gallica, tome 5 disponible sur Gallica, tome 6 disponible sur Gallica, tome 7 disponible sur
Gallica, tome 8 disponible sur Gallica, tome 9 disponible sur Gallica, tome 10 disponible sur Gallica) * Journal (1801-1817), tome 1 (1801-1805) disponible sur Gallica, tome 2 (1805-1806)
disponible sur Gallica, tome 3 (1806-1810) disponible sur Gallica, tome 4 (1810-1811) disponible sur Gallica, tome 5 (1811-1823) disponible sur Gallica * Filosofia nova (1931) * Plusieurs pièces
de Théâtre (1931) : Les quiproquo, Le ménage à la mode, Zélinde et Lindor (tome 1 disponible sur Gallica), Ulysse, Hamlet, Les deux hommes (tome 2 disponible sur Gallica), Letellier, Brutus, Les
médecins, La maison à deux portes, Il forestiere in Italia etc. (disponible sur Gallica) * Molière, Shakespeare, la Comédie et le Rire (1930) disponible sur Gallica * Écoles italiennes de
peinture (1932) : tome 1 disponible sur Gallica, tome 2 disponible sur Gallica, tome 3 disponible sur Gallica * Pages d'Italie (1932) disponible sur Gallica * Les Tombeaux de Corneto de Stendhal
* Mélanges de politique et d'histoire (1933), tome 1 disponible sur Gallica et tome 2 disponible sur Gallica * Courrier anglais (1935-1936) * Mélanges d'art (1867 et 1932) disponible sur Gallica
* Romans et nouvelles (1854 et 1928) * Souvenirs d'égotisme (1892 et 1950) disponible sur Gallica * Lucien Leuwen, inachevé (1894 et 1926) * Vie de Henry Brulard (1890 et 1949) : édition de 1927,
tome 1 disponible sur Gallica, tome 2 disponible sur Gallica * Voyage dans le Midi de la France (1930) disponible sur Gallica * Lamiel, inachevé (éditions de 1889 disponible sur Gallica et de
1928 disponible sur Gallica) * Mélanges intimes et Marginalia (1936) * Le Rose et le Vert (1928) * Stendhal. Histoire d'Espagne : depuis la révolution du 28 avril 1699 jusqu'au testament du 2
octobre 1700 : édition du manuscrit conservé à la Bibliothèque municipale de Grenoble. Édition établie, annotée et présentée par Cécile Meynard, avec la collaboration de Christiane François.
Paris : Éditions Kimé, 2007, 150 p. ville de Compiègne théâtre de Compiègne ectac ectac2 - Citations oops photos images humour femmes sexy poitrine nichons tres beaux jolis
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