Ectac - Présidentielle 2017 : Audrey Pulvar suspendue d'antenne -

Publié le par Sylvain.ectac

La journaliste politique a été « suspendue de l’antenne » de CNews le temps de la campagne, pour avoir signé une pétition contre Marine Le Pen,

La journaliste politique a été « suspendue de l’antenne » de CNews le temps de la campagne, pour avoir signé une pétition contre Marine Le Pen,

Audrey Pulvar a été suspendue de CNews pour avoir signé une pétition contre Marine Le Pen,
La journaliste avait-elle le droit de signer une pétition contre Marine Le Pen ?, 
« Suspendue de l’antenne », à quelques jours du second tour. Mercredi, Le Parisien révélait qu’Audrey Pulvar, journaliste politique sur CNews, avait été écartée de l’antenne par sa direction, pour avoir signé une pétition lancée par Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes, contre le Front national,
Une prise de position contre le parti d’extrême droite, mais aussi un soutien public en faveur du second candidat à la présidentielle. « Audrey Pulvar n’aurait pas dû le révéler, a expliqué Thomas Bauder, directeur de l’information de CNews, tel que le rapporte Puremédias. Nous recevons l’ensemble des candidats, leurs soutiens, et Audrey ne peut pas tenir une position face à un représentant du Front National alors qu’elle s’est exprimée et qu’elle fait un appel au vote clair, net et précis pour Emmanuel Macron ». Action, réaction,
Mais quelle ligne a franchi Audrey Pulvar pour être punie de la sorte ? La loi lui interdisait-elle formellement qu’en tant que journaliste, elle ne pouvait pas apposer sa signature en bas d’une pétition ? 20 Minutes a demandé l’éclairage d’Antoine Benoit, avocat en droit social au barreau de Lille
Il faut distinguer deux cas, celui des journalistes du service public qui doivent respecter une règle de neutralité et ne pas faire part des leurs opinions politiques, et celui des journalistes dans le privé. Dans ce cas (et celui d’Audrey Pulvar donc), il n’y a pas de règle spécifique, mais l’employeur peut toutefois poser ses règles en interne. La question est alors de savoir jusqu’où va la liberté d’expression du journaliste ? Jusqu’où peut-elle exprimer son opinion pour ne pas nuire à l’image de son employeur ? C’est qu’on appelle le droit de réserve, 
La loi ne leur interdit pas, c’est leur droit le plus strict de pouvoir signer une pétition. Toutefois, sur le terrain du devoir de réserve, c’est une prise de position et tout dépend des règles qui ont été fixées avec l’employeur. Il peut y avoir une clause dans son contrat de travail, cela peut être une ligne qui avait été demandée de ne pas franchir, 
C’est à l’appréciation de l’employeur. Est-ce qu’un geste amical est-il considéré comme une prise de position en faveur de cette personne ? Difficile à déterminer, surtout pour les journalistes politiques qui peuvent entretenir des relations proches avec des politiques dans le cadre de leur profession,
Juridiquement, « suspendue » ne veut rien dire. On peut être mis à pied à titre conservatoire dans le cadre d’une procédure de licenciement et le salarié est alors écarté provisoirement (en cas de faute grave notamment). Mais on peut aussi être dispensé de manière provisoire, et il n’y a alors aucune incidence sur la rémunération,

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