Ectac - Thomas Pesquet va décoller de Baïkonour pour se rendre dans l'ISS -

Publié le par Sylvain.ectac

ESPACE : Le Français, qui décolle ce jeudi soir de Baïkonour pour la Station spatiale internationale, a coché toutes les cases de la perfection,

ESPACE : Le Français, qui décolle ce jeudi soir de Baïkonour pour la Station spatiale internationale, a coché toutes les cases de la perfection,

Il s’appelle Thomas Pesquet, il a 38 ans, il est beau, il est intelligent, il va partir dans l’espace et bon débarras. Oui, bon débarras, parce que Thomas Pesquet pourrait donner des complexes au fils caché de Leonardo DiCaprio et Marie Curie,
Ce jeudi, il va décoller de Baïkonour pour se rendre dans la Station spatiale internationale (ISS) où il passera plusieurs mois pour réaliser des expériences sur diverses technologies. Même en orbite à 400 km de la Terre et des gens normalement imparfaits que nous sommes, Thomas Pesquet va nous énerver. Voici pourquoi,
Parce que sa scolarité est un strike,
Thomas Pesquet était bon élève, évidemment. Mais pas « bon élève-ça passe ». Plutôt félicitations du conseil de classe. Lorsque Thomas évoque son père professeur de maths et sa mère institutrice, on comprend mieux pourquoi il avait ce que les profs appellent pudiquement « des facilités » : « Il y avait entre nous une sorte de contrat moral : les résultats scolaires étaient bons, alors les règles n’étaient pas trop strictes. Mais nous savions qu’au moindre faux pas ils interviendraient ! », racontait-il à L’Etudiant, employant un conditionnel qui prouve bien que cette éventualité ne s’est jamais produite. « Je leur dois beaucoup à mes parents. Ils m’ont donné des racines et des ailes », déclare-t-il. La formule est un peu kitch mais sa maman doit être contente alors que la nôtre attend toujours qu’on la remercie pour le poulet rôti de dimanche dernier, 
Bac scientifique en poche, il intègre une prépa où il en bave un peu quand même : « Pendant deux ans, j’ai énormément travaillé. Mais grâce à la rigueur exigée par ce cursus, j’ai pu prendre conscience de mes capacités », explique-t-il, tirant toujours les enseignements d’expériences difficiles quand l’humain lambda se souvient juste d’avoir loupé toutes les soirées mousse du Macumba. Admis à l’école Supaéro de Toulouse, il découvre « qu’il y avait bien plus que les études qui pouvaient enrichir un parcours. J’ai fait beaucoup de musique. J’ai pratiqué la plongée, un peu de randonnée en montagne, du sport collectif… », se souvient-il. Pendant que les étudiants banals faisaient des soirées spaghettis-chichon en écoutant du Bob Marley et avaient une pratique sportive limitée à la course après le bus 23 - qui n’apparaît pas comme un élément pouvant « enrichir le parcours » - Thomas obtenait son diplôme d’ingénieur aéronautique spécialité conception et contrôle des satellites en 2001, soit à l’âge de 23 ans. Strike scolaire,  
Parce que son rêve est devenu réalité
Combien d’enfants se rêvent astronaute, comme Buzz l’éclair ? Plein. Combien y parviennent ? Un. Le seul et unique Thomas Pesquet. « Convaincu que ce rêve était impossible à réaliser », il s’était rabattu sur pilote de ligne, « le deuxième plus beau métier du monde » (le premier étant goûteur de bières, bien entendu). Il est embauché chez Air France mais n’en abandonne pas pour autant ses passions : il joue du saxophone, obtient une ceinture noire de judo, continue à faire du basket, de la nage, de la plongée… Sans jamais se débiner sous le prétexte « je suis fatiguééééé ». Dans ses très légers bagages pour l’espace, il va d’ailleurs emporter sa ceinture noire de judo, parce que Teddy Riner ne rentrait pas dans la valise et surtout parce que « le judo, ça m’a apporté beaucoup dans la vie ». Nous aussi, mais surtout des triples fractures de la clavicule, 
Modeste, il avoue quand même avoir eu beaucoup de chance pour son recrutement à l’Agence spatiale européenne (ESA) : « Il faut effectivement un concours de circonstances car en Europe on sélectionne des astronautes une fois tous les 15 ans à peu près. Donc déjà, il faut avoir le bon âge au bon moment ». Toujours les mêmes qui ont du bol, 
Parce qu’il fait tout parfaitement
Tout, on s’avance un peu : on ne sait pas s’il réussit divinement les lasagnes chèvre-épinards. Mais dans sa vie professionnelle, Thomas Pesquet est un exemple pour la jeunesse dépravée de ce pays, ma bonne dame. Il ne « remet jamais au lendemain ce qu’il peut faire le jour même », il parle six langues (français, chinois, russe, anglais, espagnol, allemand), il a une épouse compréhensive qui le laisse s’adonner à son métier-passion… Et surtout, il attache une grande importance à son rôle de médiateur entre le grand public et les scientifiques : « Je profite de cette mission pour faire passer des messages positifs. Si on peut dire aux jeunes qu’il faut bien travailler à l’école, que ce n’est pas juste pour faire plaisir aux parents mais c’est pour vous, déjà la mission sera réussie », estime-t-il, endossant sans broncher son rôle de Pascal le grand frère, version gnangnan, 
Pour son départ ce jeudi, il est prêt : dernier dîner avec sa femme, check, valise prête cinq jours avant, check, petit message à son correspondant Tanguy de Lamotte, parti pour le Vendée Globe, check, 
Mais, parfait comme il est, Thomas Pesquet a aussi pensé à quelque chose qui aurait sans doute échappé au commun des mortels. Il a pensé à faire sa procuration pour l’élection présidentielle. La prochaine fois que vous oubliez de donner une procuration parce que vous partez en week-end chez mamie, vous penserez à Thomas Pesquet qui n’oublie jamais, jamais, d’être parfait,
Décollage de Thomas Pesquet en direct / live,

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